Pont habité de Landerneau : l’un des seuls en France !

Située à l’extrémité est de la rade de Brest, Landerneau dispose d’une curieuse particularité : l’une de ses rives est située dans le Léon, alors que l’autre est en Cornouaille ! Pour faire le lien en douceur entre ces deux territoires, rien de mieux que de flâner sur le pont de Rohan. Vieux de 500 ans, il est l’un des rares ponts habités de France.

 

Landerneau dispose d’un riche patrimoine architectural témoignant de son passé prospère. Du 16ème au 18ème siècle, nombreux sont les armateurs ayant fait fortune dans le commerce de la toile de lin, qui était exportée depuis le port de la ville.

Les belles façades de leurs hôtels particuliers donnent toujours aujourd’hui au centre ville un charme indéniable. Elles sont, pourtant, moins célèbres que le pont habité, auquel Landerneau doit une partie de sa notoriété. Rien de surprenant à cela : s’ils étaient très répandus au Moyen-âge, les ponts habités ont maintenant presque entièrement disparu.

Et si quelques uns d’entre eux sont toujours debout en Europe, seul le pont de Rohan est confronté chaque jour au phénomène de marée ! D’une longueur de 67 mètres, il constitue même la limite entre l’espace maritime, à l’ouest, et l’espace fluvial, à l’est.

L’unique moyen de traverser l’Elorn jusqu’en 1958

Construit en 1510 par Jean II de Rohan et comportant six arches, il a d’abord accueilli un moulin, une chapelle et même une prison, avant que des habitations ne s’y installent au 17ème siècle.

Pendant de longues années, il a constitué le seul moyen de traverser l’Elorn à Landerneau ! Voilà qui lui conférait une importance stratégique pour le commerce.

En août 1944, l’armée allemande a donc décidé de le détruire, mais a heureusement échoué dans sa tentative… Ce n’est finalement qu’en 1958 que le pont de Caërnarfon a été construit quelques dizaines de mètres plus loin. Le pont de Rohan est alors devenu un espace piétonnier accueillant de nombreux restaurants, cafés et commerces. Des « festou deiz » y sont même organisés certains dimanches d’été !